Défense navale : la vision par ordinateur s’impose sur les drones maritimes de l’OTAN

Lors de la 16e édition de la Robotic Experimentation and Prototyping with Maritime Unmanned Systems 2026 (REPMUS) qui s’est déroulée du 31 août au 25 septembre à Tróia et Sesimbra, l’entreprise SEA.IA a déployé sa technologie de vision par ordinateur sur une large gamme de drones de surface (USV) et de navires d’accompagnement. La vision par ordinateur constitue désormais un capteur critique face aux vulnérabilités des systèmes traditionnels.

L’objectif est de surmonter les limites du radar et du GPS car en zone de conflit, le suivi de situation navale repose historiquement sur le radar et le système d’identification automatique (AIS). Toutefois, l’environnement opérationnel moderne remet en cause ces certitudes. Un radar actif émet des ondes qui trahissent la position du navire et l’exposent au brouillage électronique. De son côté, l’AIS dépend directement du signal GPS (une technologie de plus en plus sujette au leurrage (spoofing) en Méditerranée, en mer Noire et en Baltique).

Face à ces menaces, l’analyse vidéo par intelligence artificielle apporte une réponse complémentaire : un système d’analyse passive. En traitant en temps réel les flux des caméras, la technologie identifie les embarcations non signalées, les embarcations légères ou les obstacles flottants, sans émettre la moindre onde et sans dépendre des réseaux satellites.

L’enjeu majeur des essais menés à Tróia et Sesimbra résidait dans l’interopérabilité. Plutôt que de développer une solution propriétaire pour un constructeur unique, SEA.AI a éprouvé une couche de perception universelle capable de s’adapter à des architectures très différentes :

  • Plateformes industrielles : intégration sur les drones de Maritime Robotics et sur les navires autonomes SM300 de SYOS Aerospace.
  • Projets souverains : déploiement sur l’USV Shiver, conçu directement par les ingénieurs de la Marine portugaise afin de réduire la charge cognitive des opérateurs en centre de commandement.
  • Flottes modulaires économiques : installation sur les plateformes de Polar Mist Technologies, illustrant la possibilité de doter des flottes à bas coût (affordable mass) d’une capacité ISR diurne et nocturne de premier ordre.

En validant ces capacités au sein d’un exercice majeur rassemblant 36 nations, la filière navale franchit un cap : la vision par ordinateur ne se positionne plus comme un gadget d’assistance, mais comme un standard d’autonomie et de sécurité pour la conduite des opérations maritimes de demain.

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