Delair et Cerbair s’allient dans la lutte anti-drone
Delair et Cerbair annoncent un partenariat stratégique de long terme pour répondre à l’évolution rapide des menaces aériennes. L’objectif est d’associer deux savoir-faire français complémentaires afin de construire une offre souveraine de nouvelle génération dans la lutte anti-drone, mais aussi dans les applications de guerre électronique aéroportée.
Cerbair, spécialiste français de la détection, de l’identification, de la localisation et de la neutralisation de drones, apportera son expertise des menaces dites de « basse couche », celles qui évoluent à faible altitude et restent difficiles à repérer. Delair contribuera avec ses plateformes de drones de défense, notamment son intercepteur Aspik, conçu pour offrir une réponse rapide et adaptée aux menaces émergentes.
Les deux entreprises veulent bâtir une feuille de route commune associant R&D, intégration opérationnelle, innovation et ouverture de marchés internationaux. Leur ambition est de proposer aux forces armées, aux opérateurs d’infrastructures critiques et aux acteurs de la sécurité une solution complète, depuis la détection jusqu’à la neutralisation.
Une réponse à une menace devenue centrale
La lutte anti-drone est devenue l’un des grands défis de sécurité. Les conflits récents ont montré qu’un drone commercial modifié, une munition téléopérée ou un essaim de petits appareils pouvaient produire des effets tactiques majeurs pour un coût limité. Cette asymétrie change les équilibres : il n’est pas soutenable d’utiliser des moyens de défense très coûteux contre des vecteurs parfois fabriqués pour quelques centaines ou milliers d’euros.
D’où la nécessité d’une défense multicouche. Une réponse efficace doit combiner détection précoce, identification du drone, localisation de ses émissions ou de son pilote, brouillage électronique et, lorsque c’est nécessaire, interception physique. La guerre électronique joue ici un rôle central, car beaucoup de drones dépendent de signaux radio, de liaisons de données ou de systèmes de navigation qui peuvent être détectés, perturbés ou trompés.
Cette question est particulièrement sensible dans le domaine naval. En mer, un bâtiment militaire ou une infrastructure portuaire représente une cible de grande valeur, souvent exposée dans un espace ouvert où la réaction doit être très rapide. Les drones peuvent observer, désigner une cible, saturer une défense ou mener une attaque directe. Ils obligent donc les marines à protéger les navires, les bases navales, les approches portuaires, les convois et les opérations amphibies. Dans cet environnement, détecter tôt une menace basse altitude et choisir une réponse proportionnée devient un facteur de survie opérationnelle.
C’est ce qui rend la collaboration entre Delair et Cerbair stratégique. En rapprochant la maîtrise du drone et celle de la lutte anti-drone, les deux entreprises peuvent développer des solutions plus réalistes, plus intégrées et mieux adaptées aux besoins des forces. Elles prévoient notamment d’explorer l’intégration de capacités de guerre électronique embarquées sur des plateformes aériennes Delair. Le drone pourrait ainsi devenir non seulement un capteur, mais aussi un outil de renseignement électromagnétique, de perturbation ou d’appui à la neutralisation.
Lucas Le Bell, président de Cerbair, résume l’enjeu en soulignant que « la maîtrise des drones et des technologies permettant de s’en protéger constitue une priorité absolue pour nos armées ». Bastien Mancini, président de Delair, insiste pour sa part sur « une nécessité absolue » : permettre aux industriels français de défense d’imaginer collectivement des solutions « globales, innovantes et souveraines ».
Faire émerger des champions français de la BITD
Ce partenariat illustre le rôle industriel des PME et ETI innovantes, comme Cerbair et Delair, pour faire émerger des champions français de la Base industrielle et technologique de défense capables de compter à l’échelle mondiale.
Cerbair revendique des solutions déployées dans 30 pays sur 4 continents, au service d’armées, de forces de l’ordre, de sites pénitentiaires et d’opérateurs critiques. Delair indique disposer de plusieurs milliers de drones en opération dans plus de 75 pays, avec une présence industrielle en France et une croissance portée par les usages professionnels, de sécurité et de défense.
Pour transformer ces réussites en leadership mondial, la coopération est essentielle. Aucune entreprise ne peut, seule, couvrir toute la complexité de la menace drone : capteurs, traitement du signal, intelligence artificielle, guerre électronique, plateformes aériennes, intercepteurs, intégration système. En construisant des offres communes, les PME et ETI françaises gagnent en crédibilité, accèdent à de nouveaux marchés et proposent aux clients militaires des solutions plus complètes.
Cette logique est décisive pour la souveraineté. Dans un domaine où les dépendances étrangères peuvent devenir des vulnérabilités, disposer d’acteurs nationaux capables de concevoir, produire et améliorer leurs systèmes est un atout stratégique. L’enjeu n’est pas seulement de vendre des équipements, mais de conserver la maîtrise des briques critiques qui protégeront demain les forces françaises, européennes et alliées.
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