SEAstart, l’accélérateur de start-up navales et maritimes
À l’issue de l’appel à manifestation d’intérêt lancé au printemps 2026, le GICAN a sélectionné les 15 entreprises de la quatrième promotion de SEAstart. Cette sélection a été présentée le 8 juillet 2026, lors de l’Assemblée générale du GICAN.
Lancé en 2019, SEAStart a été conçu pour rapprocher les besoins d’innovation des industriels et des institutions des capacités portées par les start-up et PME technologiques. Le programme répond à un constat simple : les industriels ont de plus en plus recours à l’innovation externe, tandis que de nombreuses jeunes entreprises innovantes ne perçoivent pas toujours les applications maritimes ou duales de leurs technologies. SEAStart agit ainsi comme un trait d’union entre innovation, industrie et marché.
Au fil de ses trois premières promotions, le programme a progressivement changé d’échelle. Il a permis d’accompagner des entreprises positionnées sur des thématiques aussi diverses que la robotique, la cybersécurité, la propulsion, les matériaux avancés, l’intelligence artificielle, la décarbonation, les nouvelles motorisations ou encore le traitement de l’eau. Cette dynamique confirme la capacité de SEAStart à structurer un vivier de solutions mobilisables par la filière maritime et navale.
SOUTENIR L’INNOVATION
Le programme SEAstart#4 conduit par le GICAN vise à accélérer de jeunes entreprises innovantes et s’adresse aux start-up engagée dans les domaines suivants :
Les technologies et solutions à destination de l’industrie navale et maritime (chantiers / équipementiers) : intégrer et moderniser la supply chain de la filière ;
Les technologies et solutions à destination du maritime (armateurs / Marine nationale / ports / chargeurs / énergies marines) : contribuer à la proposition de valeur de la filière ;
L’adaptation des nouvelles technologies au secteur industriel naval et à l’environnement marin.
Les entreprises retenues développent des solutions destinées à l’industrie navale et maritime, aux opérateurs maritimes ainsi qu’aux acteurs de la défense. Leurs technologies couvrent six domaines : les drones et systèmes autonomes, l’énergie et la propulsion, la surveillance maritime, l’intelligence artificielle et les données, la cybersécurité, ainsi que la fabrication et la maintenance.
Pendant 18 mois, ces entreprises bénéficieront de l’accompagnement du GICAN et du programme Dual Boost, formation de référence du réseau Défense Angels délivrée par pour les entreprises duales. Le programme permet aux start-up sélectionnées de mieux comprendre les marchés maritimes civils et militaires, de rencontrer les acteurs de la filière, de rechercher des partenaires industriels et financiers et de préparer le développement de leurs solutions.
Le programme SEAstart
L’accélération SEAstart 4ème édition, proposée aux entreprises sélectionnées, comprend :
Invitation à l’ensemble des événements du groupe Défense Angels ;
Une adhésion de plein droit au GICAN et un accès à l’ensemble de ses services selon la grille tarifaire d’adhésion en fonction du chiffre d’affaires maritime de l’entreprise ;
Des ateliers thématiques comprenant 20 modules issus du programme de Dual Boost (financement, marchés, légal, communication, partenariats, export, R&D, etc.) ;
Des séquences dédiées, ouvertes aux acteurs du monde maritime (adhérents GICAN, décideurs étatiques, grands groupes, armateurs, ports, DGA, Marine nationale, administrations) lors des évènements GICAN ;
Des sessions de mentorat individuel & collectif proposées par Dual Boost ;
Un accès aux possibilités de financements Défense Angels et réseaux partenaires ;
Une présence promue sur EURONAVAL et EUROMARITIME, et les autres salons où sera présent le GICAN ;
Un évènement conjoint avec le Blue Tech Club, autour des applications maritimes civiles ;
Les 15 entreprises de la promotion SEAstart #4
Drones, robotique et systèmes autonomes
Alta Ares
Alta Ares développe une architecture complète de lutte contre les drones. Sa solution associe des moyens de détection, des caméras, un système de commandement et des intercepteurs autonomes à bas coût. Elle peut être utilisée pour protéger des navires, des ports, des installations industrielles ou des infrastructures sensibles. Le système est conçu pour fonctionner sans dépendre d’un positionnement GPS ou d’une connexion au cloud.
Astraea Marine conçoit un navire de surface autonome semi-submersible fondé sur une architecture Hyper-SWATH. Cette conception vise à conserver une forte stabilité dans des conditions de mer difficiles. La plateforme peut être utilisée pour la surveillance, l’inspection, la collecte de données ou la mise en œuvre de drones. Son architecture modulaire permet d’adapter les équipements embarqués à chaque mission.
Bubble Robotics développe des robots autonomes capables d’opérer à la surface et sous l’eau pendant de longues périodes. Ces systèmes sont destinés à l’inspection, à la cartographie et à la surveillance des infrastructures sous-marines. Ils peuvent rester déployés jusqu’à plusieurs mois sans mobilisation permanente d’un navire ou de plongeurs. Les données recueillies sont analysées par intelligence artificielle afin de produire des images et des mesures détaillées.
COSMA utilise des essaims de petits drones sous-marins pour observer les fonds marins et les infrastructures immergées. Les appareils embarquent différents capteurs optiques, acoustiques et magnétiques. Les informations collectées permettent de créer des images à très haute résolution et des modèles numériques en trois dimensions. Cette technologie peut notamment servir à l’inspection des câbles, des ouvrages offshore et des équipements portuaires.
Apollo Generators développe des systèmes compacts capables de fournir de l’électricité sous l’eau pendant plus de douze mois. Leur fonctionnement repose sur la conversion en électricité de la chaleur produite par la décroissance de matériaux radio-isotopiques. Ces générateurs peuvent alimenter des capteurs, des équipements scientifiques ou des systèmes autonomes sans câble ni remplacement fréquent de batteries. La solution répond notamment aux besoins des installations sous-marines isolées.
HY.G Motors conçoit des systèmes de propulsion électrique dont le moteur est intégré directement dans l’hélice. Cette technologie, appelée Rim-Driven Motor, supprime la ligne d’arbre traditionnelle et limite le nombre de pièces mécaniques. Elle permet de réduire l’encombrement, les vibrations et la signature acoustique du système propulsif. Les solutions développées peuvent équiper des drones marins, des navires professionnels et des installations offshore.
SWITCH développe et produit des batteries au lithium à haut niveau de sécurité ainsi que des systèmes complets de propulsion électrique et hybride. Ses solutions comprennent les batteries, les équipements de puissance et les systèmes de contrôle nécessaires au fonctionnement du navire. Elles s’adressent aux navires professionnels, aux unités fluviales et aux drones maritimes. L’entreprise dispose également d’un banc d’essai consacré au développement et à la validation de ses équipements.
WhisperEF développe un bateau professionnel électrique équipé de deux systèmes de foils. Ceux-ci soulèvent une partie de la coque au-dessus de l’eau afin de réduire la traînée et la consommation d’énergie. Un logiciel contrôle en permanence la position des foils et le comportement du navire. L’objectif est d’atteindre des performances élevées, jusqu’à 45 nœuds, tout en conservant une autonomie adaptée aux usages professionnels.
SEA.AI conçoit des systèmes de vision maritime associant des caméras optiques et thermiques à des logiciels d’intelligence artificielle. La solution détecte automatiquement les objets flottants, les petites embarcations, les obstacles, les personnes tombées à la mer ou certains animaux marins. Elle complète les informations fournies par le radar et le système d’identification automatique des navires. Cette technologie peut équiper des navires habités comme des drones de surface.
Transformation numérique, intelligence artificielle et données
Amphitrite
Amphitrite produit des informations océanographiques destinées à faciliter la prise de décision en mer. L’entreprise combine des données satellitaires, des observations réalisées en mer et des modèles numériques. L’intelligence artificielle est utilisée pour améliorer la précision des prévisions de courants, de vagues et de conditions océaniques. Ces informations peuvent contribuer au routage des navires, à la réduction de leur consommation et à la préparation d’opérations maritimes.
SHIFT89 développe une solution de formation en réalité augmentée pour transmettre les gestes et les savoir-faire industriels. Les opérateurs peuvent enregistrer une opération puis la transformer en tutoriel visuel, consultable les mains libres. La solution peut fonctionner hors connexion et conserver les données dans un environnement maîtrisé. Elle est notamment destinée à la formation, à la maintenance et à la transmission des compétences rares dans l’industrie navale.
Vectura System développe des outils numériques destinés à accompagner la transition énergétique des navires professionnels. Son jumeau numérique EcoBoatTwin combine simulation physique et apprentissage automatique pour reproduire l’usage réel d’un navire. Il permet de comparer plusieurs motorisations, d’estimer les économies d’énergie et d’évaluer le retour sur investissement avant d’engager des travaux. L’entreprise développe également des solutions d’hybridation et de gestion énergétique embarquée.
FuzzingLabs développe une plateforme consacrée à la sécurité des logiciels embarqués, des firmwares et des systèmes industriels. Ses agents d’intelligence artificielle testent automatiquement les programmes afin d’identifier des vulnérabilités et de vérifier si elles peuvent être exploitées. La solution fournit aux équipes techniques des éléments permettant de reproduire et de corriger les failles détectées. Elle répond notamment aux exigences de cybersécurité applicables aux équipements navals et industriels.
Farm-3D conçoit des micro-usines de fabrication additive installées dans des conteneurs. Ces unités peuvent produire localement des pièces, des outillages ou des éléments de rechange, y compris sur un site isolé ou à proximité d’une zone d’opération. Elles peuvent intégrer plusieurs procédés d’impression, pour les polymères comme pour les métaux. La solution vise à réduire les délais d’approvisionnement et la dépendance aux chaînes logistiques longues.
fluiidd développe une technologie d’analyse non intrusive des fluides circulant dans les canalisations et les cuves. Son système utilise la tomographie d’impédance électrique pour observer l’intérieur d’un équipement sans interrompre son fonctionnement. Il peut détecter des phénomènes tels que la cavitation, la présence d’air ou de gaz, le colmatage et certaines formes d’usure. L’intelligence artificielle embarquée analyse les mesures en temps réel afin d’anticiper les anomalies et les opérations de maintenance.
La 3e promotion de SEAStart a confirmé la montée en puissance du programme. L’appel à candidatures, désormais clos, avait suscité l’intérêt d’une quarantaine de jeunes entreprises innovantes, parmi lesquelles 15 avaient été retenues. Cette promotion avait marqué un changement d’échelle, tant par le nombre de projets sélectionnés que par la diversité des thématiques couvertes, en phase avec les priorités de la filière navale et maritime : intelligence artificielle, décarbonation, robotique et drones, nouvelles motorisations, propulsion, traitement de l’eau, communication et technologies. Pendant 18 mois, les entreprises sélectionnées avaient bénéficié d’un accompagnement renforcé pour accélérer leur intégration dans l’écosystème maritime, accéder aux réseaux industriels, identifier des partenaires, structurer leur développement et mieux adresser les marchés civils et militaires.
Les start-up membres de l’accélérateur SEAstart pour la promotion #3 :
Retour sur la promotion #2 :
Plus d’une trentaine de candidatures ont été reçues à la suite du deuxième appel à projets. Le jury de sélection rassemblait des adhérents du GICAN, un armateur, un pôle de compétitivité et une structure étatique. Florent BATTISTELLA, Président de Couach (membre du Conseil d’Administration du GICAN), était accompagné de Paul Delouche, Strategy Director de Bureau Veritas Marine & Offshore (adhérent du GICAN), d’Arthur BARRET et d’Etienne MOLLIER, respectivement Director of Engineering, Projects and Innovation (EPI) department et Coordinateur innovation & ingénieur marine de Louis Dreyfus Armateurs (LDA). Frédéric RAVILLY, Chargé de mission et Philippe MONBET, Directeur général du Pôle Mer Bretagne Atlantique, ainsi que Massis SIRAPIAN, chef de la cellule Innovation Ouverte à l’Agence de l’innovation de défense (AID) complétaient le jury.
Les start-up membres de l’accélérateur SEAstart pour la promotion #2 :
Retour sur la promotion #1 :
Près de quarante start-up ont signalé leur intérêt lors de l’appel à manifestation, et un jury de sélection s’est chargé de les départager pour n’en retenir que douze. Ce jury de sélection était présidé par Fabien NAPOLITANO, Président d’iXblue, et était composé de Philippe GARELLI, Président d’Altawest/Jeumont Electric, d’Emmanuel-Marie PETON, Responsable Innovation du Cluster Maritime Français, de Christophe AVELLAN, Directeur Adjoint du Pôle Mer Méditerranée, et du délégué général du GICAN. La sélection s’est faite en bonne cohérence avec les quatre grands axes de R&D de la Filière des Industriels de la Mer : smart yard, smart ship, smart offshore industries et green ship.
Les start-up membres de l’accélérateur SEAstart pour la promotion #1 :
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